Le réseau

Fondée avant la fin de l'année 1940, la Confrérie Notre-Dame est un réseau de renseignements ralliée à la France libre. C'est l'un des premiers réseaux du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA). Ce réseau français libre est sans doute le plus important réseau de renseignements militaires de la Résistance. Il est aussi l'un des tout premiers créés en France, grâce à un agent exceptionnel envoyé vers la métropole dès l'été 40 par le 2e Bureau de la France Libre, Gilbert Renault dit « Raymond » (plus tard « Rémy »), qui donnera à son organisation le nom de Confrérie Notre-Dame afin de la placer sous la protection de la Vierge.

Les agents étaient chargés pour les uns de recueillir des renseignements militaires, pour d'autres des renseignements économiques et politiques qui alimentaient la campagne radiophonique de la France Libre ; d'autres encore organisaient la prise de pouvoir gaulliste dans les départements côtiers pour le moment où le débarquement aurait lieu ; d'autres enfin, agents de liaison et radios, permettaient aux renseignements de partir et aux ordres d'arriver.

Le réseau s'implante d'abord dans la France de l'Ouest et recrute des informateurs de qualité dans les ports de l'Atlantique (Bordeaux, Brest). Les informations sont transmises à Londres d'abord par courrier transitant par Madrid, puis par radio : la première liaison est établie en mars 1941 chez Louis La Bardonnie, en Dordogne, dont le petit groupe de patriotes a été le « contact » initial de Rémy en France. Puis, entre avril et juillet 1941, les émissions radio clandestines s'effectuent à partir de Thouars et Saumur.

Les renseignements transmis permettent à la RAF de porter de rudes coups à la marine allemande. Son agent « Hilarion », en avertissant les Britanniques de l'installation dans la rade de Brest de « ducs d'albe » (gros piliers) visiblement faits pour un très grand navire de guerre, contribue à l'interception et à la destruction du cuirassé Bismarck, en mai 1941. En septembre 1941, la CND étend son action à toute la France occupée et Rémy installe à Paris une centrale en liaison radio avec Londres. De plus, elle dispose d'agents habilités à préparer des parachutages et établit des contacts par Lysander avec l'Angleterre. Elle organise notamment le passage à Londres de Christian Pineau, premier chef de mouvement de la Résistance intérieure à rencontrer le général de Gaulle.

Après la trahison de juin 1942, Rémy assisté de Petit et Tillier Debesse maintint puis rénova le Réseau. À l'automne 1943, la trahison de deux radios, « Tilden » et « Alain », a des conséquences catastrophiques : elle entraîne une centaine d'arrestations, et Rémy doit se réfugier en Angleterre. Mais en décembre 1943, le réseau est reconstitué par Marcel Verrière (alias « Lecomte») à partir des cellules encore actives sous le nom de « Castille » et continuera à fonctionner jusqu'à la Libération. D'après les recherches effectuées, CND-Castille aura compté au total 1544 agents.

Dévastée à plusieurs reprises, toujours renaissante, la Confrérie Notre-Dame ne cessera jamais d'envoyer des courriers à Londres, par voies aériennes et maritimes aussi bien que grâce à des émetteurs parachutés en France occupée, et ses renseignements furent souvent cruciaux pour la réalisation d'opérations militaires alliées. La Confrérie Notre-Dame transmet, entre autres renseignements remarquables, ceux qui permettent aux Britanniques d'effectuer en février 1942 une opération de commando sur la station-radar de Bruneval (raid de Bruneval) en Seine-Maritime. Elle envoie aussi un rapport permettant aux Anglais d'évaluer la réussite de l'opération Chariot, effectuée au même moment : un raid de destruction contre les installations de radoub de Saint-Nazaire, seules capables d'accueillir le grand cuirassé allemand Tirpitz.

En trois ans et demi, 1 544 agents ont signé leur engagement ; 524 arrêtés dont 234 ont été déportés, 37 ont été fusillés et 151 sont morts en déportation.


The network

Founded before the end of 1940, the Confrérie Notre-Dame ( Brotherhood of Our Lady) was an information-gathering network that rallied to Free France. It was one of the first networks of the Bureau central de renseignements et d'action (BCRA). This network of Free France was no doubt one of the most important networks of military intelligence of the Resistance. It was also one of the very first created in France, thanks to an exceptional agent sent to the homeland as early as summer 1940 by the 2ieme Bureau Intelligence agency) of the Free French, GIlbert Renault, known as "Raymond" ( later "Rémy") who would give his organization the name of Confrererie Notre-Dame so as to place it under the protection of the Virgin. 

Its agents were charged either with gathering military intelligence or economic and political information that provided content for  Free French radio broadcasts; still others organized the Gaulllist seizure of power in the coastal departments, against such time as the Allied landing would take place; and finally there were those liaison and radio operators who facilitated outgoing information and incoming orders.

The network first took root in Western France and recruited quality informants in the Atlantic ports (Bordeaux, Brest.) The information was transmitted to London first by courrier going through Madrid, then by radio: the first liaison was established in March 1941 at Louis LaBardonnie's place, in Dordogne, whose little group of patritots was the initial "contact"for Rémy in France. Then, between April and July 1941, the clandestine radio transmissions went out from Thouars and Saumur.

The information transmitted allowed the RAF to inflict heavy blows on the German navy. Its agent "Hilarion," by warning the British about the arrival in Brest harbor of the "ducs d'albe" ( heavy ammo) obviously intended for a very large war ship, facilitated the interception and destruction of the armored vessel Bismarck, in May 1941. In September 1941, the CND extended its action to all of occupied France and Rémy put in place a headquarters in Paris for radio communications with London. What's more, the network had at its disposal agents trained to prepare parachute landings and to establish Lysander contacts with England. It notably organized the passage to London for the first head of interior resistance movement, Christian Pineau, to meet with general De Gaulle.

After the betrayal of June 1942, Rémy, assisted by Petit and TIllier Debesse, maintained, then renewed, the Network. In autumn 1943, the betrayal of two radio operators, "Tilden" and "Alain" had catastrophic consequences: it led to a hundred arrests, and Rémy had to take refuge in England. But in December 1943, the network was reconstituted by MArcel Verrière ( alias "Lecomte") based on cells that were still functioning, under the name of "Castille" and it would continue to operate until the LIberation. BAsed on research that has been done, CND-Castille counted 1544 agents in all.

Devastated several times, always reborn, the Confrèrerie Notre-Dame never stopped sending couriers to London, by air and sea and well as thanks to transmitter parachuted into occupied France, and its information was oftne crucial for the accomplishment of Allied military operations. The Confrèreroe Notre-Dame transmitted, among other remarkable intelligence, the information that enabled the British to accomplish, in February 1942, a commando raid on the Bruneval radar station in Seine-Maritime. It also sent a report that allowed the British to evaluate the success of Operation Chariot, that happened at the same time: a destructive raid against the installations in the Saint-Nazaire redoubt, the only ones that could accommodate the large German armored ship, the Tirpitz.

In three and a half years, 1544 agents signed on; 524 were arrested, of which 234 were deported, 37 shot, and 151 died while deported.

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